Chetl’Art projet financé par la fondation Drosos

 

Le concept de ce projet est de mettre en place une éducation artistique informelle associant les jeunes, les familles et les habitants du territoire afin d’utiliser l’art et la culture comme vecteur de développement éco solidaire du territoire et de réduire les inégalités en matière d’accès à l’art et à la culture.

Le développement artistique, social et économique des jeunes de la Commune rurale de Mokrisset qui en découlera et la promotion des activités artistiques et culturelles porteront au désenclavement de la zone.

Pour cela trois objectifs spécifiques seront poursuivis :

  • Développer les capacités artistiques et culturelles des enfants et jeunes des 7 établissements scolaires dans la commune de Mokrisset.
  • Augmentation de l’offre culturelle et développement de l’écotourisme qui attirera des visiteurs nationaux et internationaux.
  • Augmentation des revenus des jeunes à travers des activités génératrices de revenus (cultures, écologiques et actions solidaires) faites à travers le projet Afin d’atteindre ces objectifs seront mis en place une série d’ateliers, de rencontres, de spectacles dans les écoles et les maisons de jeunes et les structures associatives de la Commune de Mokrisset et à Djebli Club, qui permettront aux bénéficiaires de développer un esprit critique et de lutter contre l’abandon scolaire, le chômage, l’exode rural et la radicalisation.

L’organisation d’un festival annuel Le Djebli Camp permettra aussi aux jeunes de participer activement à la réalisation de cet événement annuel ouvert au public marocain et international et animé par des artistes locaux, nationaux et internationaux.

Le nom du projet Chetl’Art est une composition entre Chetla qui veut dire jeune plant et Art, car nous avons la conviction que grâce à projet, nous allons semer chez les enfants et les jeunes une graine de changement et d’ouverture qui leur permettra dans le futur de changer leurs pensées et mieux planifier leurs avenirs.

CONTEXTE, ANTECEDENTS ET JUSTIFICATION DU PROJET :

Contexte

La région de Mokrisset est une région montagneuse dans laquelle sont installées 44 tribus.

Mokrisset est un village de 10496 habitants situé dans la province de Ouazzane à 60km de Ouazzane et à 54 km de Chaouen sur la route provinciale P4103. La Commune rurale de Mokrisset compte 6 établissements primaires de 1134 élèves de 6 à 11 ans, 1 Collège de 670 élèves de 11 à 14 ans et 1 Lycée de 550 élèves de 14 à 19 ans.

Les habitants de la région sont restés fidèles à leurs traditions, se transmettant leur culture et leurs savoir-faire de génération en génération.

La production locale est principalement issue des richesses du sol, de l’agriculture et de l’élevage.

La région est notamment connue pour la production de miel, de figues, de prunes, d’olive, d’huile d’olive et d’herbes aromatiques.
Ces produits sont d’une qualité exceptionnelle mais la production reste modeste. La région a également un fort potentiel touristique qui est largement inexploité.
En matière de situation socio-économique Mokrisset n’est pas une exception à la situation générale du Maroc concernant les jeunes.
Décrochage scolaire, chômage, emplois peu qualifiés, bas salaires, absence de couverture sociale… Au Maroc, les jeunes de 15-34 ans, qui représentent un tiers de la population, sont les grands oubliés de la croissance, selon un rapport officiel de CESE.
La situation est encore plus difficile pour les filles ou pour les jeunes ayant un faible niveau d’instruction et qui vivent en milieu rural, indique le rapport.
« L’abandon des études, le chômage et l’absence de structures facilitant la participation à la vie sociale sont autant de facteurs qui contribuent à l’isolement et à un sentiment de frustration », exposant les jeunes Marocains « à la délinquance, la criminalité et l’extrémisme » et à la tentation de quitter le pays dans l’espoir d’une vie meilleure.
Les jeunes de Mokrisset n’ont aucun avenir professionnel dans leur village. Ce qui les pousse à émigrer en ville et à l’étranger.
Le chômage met ces jeunes face à l’intégrisme qui, avec son dogmatisme, peut leur paraitre le seul moyen pour échapper à leur quotidien.

De plus, toujours selon le CESE, un jeune sur cinq souffre par ailleurs de troubles psychologiques. Et dénonce les « fléaux comme l’addiction aux drogues, le tabagisme et le suicide », mais aussi des dérives qu’impliquent les réseaux sociaux.
Dans un pays où 46 % de la population est née après 1993 – date d’apparition d’Internet –, la jeunesse « va puiser son système de valeurs dans un spectre très large, au-delà des frontières familiales ou territoriales », ce qui, chez ceux qui refusent le modèle de modernité inspirée de l’Occident, implique un repli sur soi qui peut aller jusqu’à la radicalisation religieuse.
La marginalisation des jeunes se reflète également dans leur faible implication sociale :
82 % d’entre eux n’exercent aucune activité physique ou culturelle, 72 % de leur temps est consacré à des « activités non productives de bien-être social », et seulement 1 % d’entre eux adhèrent à un parti politique ou à un syndicat.
Rares sont les jeunes qui réussissent leur avenir après l’obtention du bac, la majorité se dirige vers la faculté de Tétouan pour étudier, par manque de choix dans la plupart des cas, le droit ou l’histoire géo et ne trouvant pas d’emploi dans leur domaine viennent grossir les taux du chômage déjà très haut dans la province.
L’ouverture d’esprit que peut donner l’approche culturelle, éco-solidaire et écologique de ce projet porterait en lui les graines d’un changement de mentalité et de vision par rapport aux richesses d’un environnement rural qui ne serait plus répulsif pour les jeunes mais qui au contraire deviendrait source de développement et de créativité entrepreneuriale attirante.
Dans ce contexte l’association Djebli Club, née en 2015 constitué par un groupe de jeunes activistes avec ses initiatives d’ouverture sur l’art et la culture peut être un pilier pour sortir les jeunes de cette situation d’isolement et d’inactivité sociale et économique en ouvrant leurs esprits afin de leur permettre de penser plus large.
De plus Dlebli Club avec des initiatives pour la promotion de la culture et pour la valorisation du patrimoine matériel et immatériel de la zone peut transformer ce milieu rural « répulsif » à l’image archaïque aux yeux des jeunes en un atout. Le développement de l’écotourisme ainsi que d’activité de spectacle régulières et médiatisées pourront permettre un changement de regard des jeunes génération sur l’image de leur pays natal.

Bailleur de fonds

Fondation Drosos

La Fondation Drosos a pour mission de permettre aux personnes en situation précaire de mener une vie dans la dignité. Avec un ensemble d’organisations partenaires, elle développe et soutient des projets qui participent directement à l’amélioration durable et efficace des conditions de vie, et elle cherche à produire un impact à long terme partout où elle agit.

La Fondation Drosos soutient en priorité le développement des compétences essentielles des personnes désavantagées : enfants, adolescents ou jeunes adultes, en promouvant la créativité et l’indépendance économique. Elle porte en elle la conviction que les compétences essentielles et les compétences techniques sont des éléments clés du développement personnel car elles permettent aux individus de prendre leur vie en main et d’apporter une contribution positive à leur communauté.

La Fondation Drosos a été créée en Suisse en 2003. Elle doit sa création à une initiative privée et est reconnue comme organisation à but non lucratif. Elle est indépendante sur le plan idéologique, politique et religieux et elle est active en Égypte, en Jordanie, au Liban, au Maroc, en Palestine, en Tunisie ainsi qu’en Suisse et dans les régions de l’est de l’Allemagne.

Justification

Dans ce contexte très difficile et dur l’Association Djebli Club a pris sa place tout au long de ces 4 années d’existence et a commencé à combler le manque d’activités dans le domaine de l’art et de la culture.

Avec les bénévoles, les jeunes et les artistes du village et d’ailleurs il a commencé à tisser un réseau et à participer à la vie culturelle et artistique de la zone et aussi à promouvoir cette région dans le monde.

En intervenant dans les écoles, en réhabilitant les foyers de garçons ( Mai 2016 ) puis celui des filles ( septembre 2018 ) ce qui a permit à ces jeunes de se trouver dans un cadre meilleur et plus adéquat pour booster leur envie d’apprentissage. En organisant la venue d’artistes et de public international la mixité sociale, de genre et culturelle a été promus, les jeunes participent à la vie quotidienne de Djebli Club et assistent à toutes les activités organisées par ce dernier et donc ils ont eu cette chance unique de rencontrer ces artistes venus d’ailleur, Djebli Club a aussi accompagné des étudiantes brillantes mais en situation précaire en leur trouvant des bourses d’excellence à l’université privée de Marrakech financées par la fondation JOUD, ces filles se tracent aujourd’hui un avenir meilleur dans des domaines qui les attirent. Les deux éditions précédentes de Djebli Camp ont permis à plus de 150 jeunes de bénéficier de plusieurs ateliers dans de divers domaines mais aussi de rencontrer une jeunesse venues d’autres villes marocaines ayant des expériences différentes à les leurs.

Aujourd’hui cette dimension est arrivée au maximum de ce qu’une structure totalement bénévole et indépendante peut faire seule.

Les partenariats ont permis à Djebli Club de consolider u réseau institutionnel, associatif et privé solides. Il nécessite désormais d’un financement économique aui lui permette d’améliorer et agrandir ses infrastructures, de professionnaliser ses équipements et surtout de constituer une équipe qualifiée grâce à un suivi de formation continu. C’est ainsi que le projet « Djebli Wolrd » passera à une échelle supérieure et étendra son impact sur le les populations et sur le territoire.

Nous aurions besoin pour cela d’un soutien structurel qui permette dans un premier temps de mettre en place une régularité dans les actions et d’une première structuration de base en terme de matériel et ressources humaines Avec le projet Chetl’art, l’association Djebli Club posera les premiers jalons solides en commençant le développement de ces jeunes à travers l’art, la culture tout d’abord par un approfondissement de la musique, langage artistique universel par excellence.

Il s’agit d’une action pour les publics de demain, certes, mais aussi et avant tout une action pour permettre des éclairages, des expériences au sein, et en dehors des parcours scolaires, aux jeunes de se forger leur propre regard critique, par des mises en perspectives esthétiques, historiques, et d’être en présence, d’avoir accès à des formes, des répertoires ou des courants esthétiques auxquels ils ne sont pas habitués. En somme, un rempart au phénomène de concentration de l’offre et des pratiques dans le domaine culturel, c’est ce qui légitime l’action présente. Cela contribue à donner des clés pour évoluer et continuer à évoluer comme des citoyens éclairés.

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